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Mis à jour le
09/07/2010
 
 
 

Les «sueurs sanguines»,
( ou syndrome de diathèse hémorragique
ou Pancytopénie néonatale)

 
une maladie émergente ?
   
 

Historique

Les syndromes hémorragiques ne sont pas une nouvelle entité en soi en médecine bovine : les cas les plus fréquents sont attribués essentiellement à des intoxications par des substances soit naturelles (fougère) soit de synthèse (médicaments, toxiques raticides). Certaines souches virulentes de BVD peuvent également être à l’origine de formes hémorragiques violentes avec de la mortalité mais elles touchent des animaux en grand nombre et d’âges variés. Certains agents infectieux comme la leucose enzootique, la septicémie bactérienne peuvent également provoquer des hémorragies, ainsi que certaines anomalies génétiques comme l’hémophilie.
Depuis quelques années, des cas d’hémorragies inexpliquées sont décrits sur de très jeunes veaux, avec une certaine régularité dans les symptômes observés.
Les premiers cas de ce phénomène nommé « sueur sanguine » ont été observés en Allemagne puis  dans plusieurs pays européens dès 2007 (Angleterre, Belgique, Pays-Bas). En France, ils sont apparus à partir de fin 2007 dans les Vosges.

 

Circonstances d’apparition
La maladie a été observée aussi bien en élevage allaitant que laitier et semble toucher mâle et femelle. Elle se déclare le plus souvent vers 13 jours (en moyenne de 2 à 3 semaines).
Le nombre de cas suspects par élevage varie de un à sept.
Toutes les régions de France sont concernées.
On estime que ce syndrome reste globalement assez rare (1,4/10 000).

 

Symptômes
Les principaux symptômes observés sont :
Hémorragies des vaisseaux sur les muqueuses (blanc de l’oeil, gencives, vulve..)

 

P.Périe-SNGTV-Bulletin des GTV

 

  « Sueurs de sang » : écoulements de sang par la peau suite à des injections, un bouclage, ou de manière spontanée
 

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  • Hyperthermie : température supérieure à 39,8°
  • Augmentation du temps de saignement (visible lors d’injection notamment)
  • Pâleur des muqueuses
 

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  • Sang dans les bouses
  • Augmentation de la fréquence respiratoire

En fin d’évolution, le veau est léthargique, ne peut plus se lever et sa température décroît rapidement
D’autres symptômes peuvent également se déclarer, comme du sang dans les urines ou des saignements par les nasaux, des bronchopneumonies, des inflammations du cordon ombilical.
À partir des premiers symptômes, l’évolution est rapide, de quelques heures à 72h, et conduit vers la mort de l’animal dans la majorité des cas, naturelle ou par euthanasie. Le taux de survie à 30 jours est estimé à moins de 5%.
Donc dans de rares cas, le veau survit, mais représente le plus souvent une non-valeur économique.
Les différents traitements qui peuvent être mis en place comme des transfusions, une antibiothérapie et une corticothérapie ne permettent pas, semble-il, de modifier l’évolution de la maladie.

 

Lésions
Les lésions hémorragiques sont observées sur la plupart des organes des cavités abdominale et thoracique. Une accumulation de sang est parfois observée dans la cavité abdominale.

Suffusions hémorragiques et pétéchies observées sur le coeur

 

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  Suffusions et plaques hémorragiques mises en évidence sur plusieurs portions du tractus digestif
 

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Les examens sanguins révèlent une baisse importante des globules blancs et des plaquettes (indispensables pour la coagulation), ainsi qu’une anémie, confirmée par la pâleur des muqueuses.
Ces résultats suggèrent une aplasie médullaire :c’est-à-dire l’arrêt de production par la moelle osseuse des différentes lignées sanguines.

Données actuelles 
Le nombre de cas déclarés semble être en augmentation ces dernières années. La Belgique comptait en effet 5 fermes atteintes entre 2006 et 2008 et 34 pour la seule année 2009.
En France, 42 cas ont été répertoriés en 2009.
La recherche des virus BVD et FCO a été entreprise sur les veaux atteints de ce syndrome et celles-ci se sont toutes révélées négatives.
Il est donc particulièrement important de déclarer toute suspicion afin de pouvoir recenser un maximum d’informations en vue de déterminer l’origine de ce syndrome.

Hypothèses sur les causes probables

Plusieurs causes sont envisagées :

  • Maladie auto-immune : une équipe allemande a réussi à reproduire expérimentalement ce syndrome en administrant le colostrum de vaches ayant eu des veaux malades à six veaux nouveaux nés. Il semblerait donc qu’une stimulation particulière du système immunitaire des veaux ait conduit à une destruction progressive de leur moelle osseuse dans les jours suivants la naissance.
  • Origine virale : une étude allemande a révélé la présence d’un circovirus dans 5 cas sur 25 veaux malades, par un examen PCR de la moelle osseuse, du foie, du sang et des reins des veaux atteints.
  • Aucune bactérie n’a été isolée spécifiquement et aucune cause génétique n’a pu être retenue.

 

Démarche scientifique
Dans le contexte actuel, il est donc essentiel que la recherche puisse continuer pour tenter de déterminer l’origine de ces cas. La rareté de ce syndrome implique la nécessité d’une déclaration aussi exhaustive que possible de toutes les suspicions basées sur les critères listés parmi les symptômes.
Des formulaires spécifiques d’enquête ont été rédigés par divers organismes (Ecoles Nationales Vétérinaires Françaises, université de Liège) et permettent à l’ensemble des vétérinaires européens de recenser efficacement ces cas pour faire progresser les connaissances. (voir formulaire d'enquête)

N’hésitez pas à consulter votre vétérinaire pour lui faire part d’un cas éventuel, même à posteriori.
   
   
  Article élaboré à partir d'une note de synthèse de Christelle ROY (GDS 19)