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La tuberculose bovine a été identifiée dans la plupart des pays du monde. La France a été déclarée officiellement
indemne de tuberculose le 27/12/2000 conformément aux dispositions de la directive 64/432/CEE.

La France a ainsi rejoint le groupe des Etats membres déclarés officiellement indemnes de tuberculose bovine :
Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, Luxembourg, Pays Bas et Suède.

Cette qualification repose notamment sur le fait de présenter moins de 0,1% des cheptels infectés depuis 6 ans.

 

La tuberculose est une maladie infectieuse provoquée, en règle générale, par Mycobacterium tuberculosis chez l'homme, par M. bovis chez les bovins et par M. avium chez les oiseaux.
   

Mycobactéries

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Parmi les actinomycétales, le genre Mycobacterium comporte de très nombreuses espèces ; quelques unes sont pathogènes pour l'homme ou pour les animaux, les autres, les plus nombreuses sont rencontrées partout dans la terre, l'eau, le fumier, sur les herbes des champs, dans les matières alimentaires mais aussi sur la peau ou les muqueuses des individus sains, dans des produits pathologiques où leur mise en évidence pose parfois d'importants problèmes diagnostiques.

 


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d'après ENV

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Les bacilles tuberculeux sont des bactéries définies par
une acido-alcoolo-résistance (bacilles A.A.R.), une
croissance lente sur des milieux toujours enrichis
(type milieu de Loewenstein-Jensen), un pouvoir
pathogène qui s’exprime par l’évolution d’une maladie
chronique et l’apparition de lésions «tuberculeuses »
et, surtout, un pouvoir allergène (allergie
tuberculinique).
La dénomination de «bacilles tuberculeux » regroupe
trois bactéries principales : M. tuberculosis, M. bovis
et M. avium, faciles à individualiser, de pouvoir
pathogène variable selon les espèces animales.

Toute mycobactérie isolée doit faire l’objet de la
détermination de l’espèce, afin de permettre
l’évaluation de son rôle pathogènes.

 


d'après ENV

 

 

 

Le bacille tuberculeux est particulièrement résistant.Les bacilles desséchés, conservés à l’obscurité, demeurent virulents pendant au moins 5 mois ; conservés à la lumière, ils ne restent virulents que 40 jours environ. Dans les bouses de vache le bacille tuberculeux
bovin peut résister jusqu’à 2 mois en été et 5 mois en hiver.Réfrigérés, les laits restent virulents durant plusieurs semaines.
Ceci rend possible une transmission indirecte : par l’intermédiaire des locaux, pâturages, véhicules de transport, aliments, eaux…contaminés ou des produits d’origine animale virulents (lait…).
Le bacille tuberculeux aviaire semble pouvoir résister dans le sol pendant des durées bien supérieures. Le bacille responsable de la paratuberculose est également très résistant dans le milieu extérieur.
   
Evolution de la maladie
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Hypertrophie et caséification diffuse des ganglions
trachéo-bronchiques et médiastinaux (source AFSSA)



Petits nodules caséocalcaires dans
les ganglions mésentériques (source AFSSA)

Le bacille pénètre le plus souvent par inhalation dans les poumons. A partir de la localisation initiale, il se
multiplie et se répand dans les poumons ou d'autres
parties du corps via le système sanguin, le système
lymphatique, les voies aériennes, ou par propagation
directe à d'autres organes chez l’homme. La tuberculose pulmonaire est la forme la plus fréquente, et concerne plus de 80 % des cas ; c‘est la seule forme de tuberculose qui soit susceptible d'être contagieuse chez le bovin. Mais la tuberculose peut donc atteindre n'importe quelle partie du corps.
La voie digestives est possible pour le veau qui boit du lait contaminé ou pour les carnivores ingérant des abats contaminés, lorsque la tuberculose sévissait de façon massive chez les bovins, on a rencontré des transmissions par voie vénérienne et cutanée.

La tuberculose bovine a une incubation longue, une évolution chronique et est habituellement caractérisée par la formation de granulomes nodulaires ou tubercules.
Elle peut revêtir des formes diverses : pulmonaire,ganglionnaire, intestinale, osseuse, nerveuse, cutanée et génitale. Les symptômes dépendent des organes impliqués. A l'heure actuelle, la forme clinique de la tuberculose bovine est rarement observée dans la plupart des pays développés en raison des campagnes nationales d'éradication de la tuberculose et du bon état d'entretien des animaux. Néanmoins, les tubercules chez les bovins sont le plus fréquemment vus au cours de l'autopsie dans les ganglions lymphatiques (bronchiques, médiastinaux, rétropharyngiens...) qui peuvent être les seuls tissus affectés.

D'une manière générale, il y a plus d’infectés que de malades. Dans les espèces humaine et bovine, l’état de « tuberculose-infection » peut persister pendant des années, voire toute la vie.


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Situation en France
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L'évolution de la tuberculose bovine en France est très favorable, comme l'indique la figure ci-dessous:

d'après ENV

 

Toutefois, dans certains départements, la réapparition de quelques foyers commence à susciter des interrogations:
- peut-il exister un réservoir responsable de la réinfestation de troupeaux à partir de la faune sauvage ?
voir plus loin…
- ces cas sont-ils annonciateurs d'une recrudescence larvée de formes peu explosives de tuberculose chez lez bovins ?
Ces questions ont déclenché de nouvelles recherches, en particulier pour mettre au point de nouvelles techniques de diagnostic.
voir plus loin…

 
Prophylaxie
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d'après Bulletin des GTV n°23 janv - fev 2004

 

 

En France, avant 1955, plus de 10 % des bovins et de 20 à 50 % des cheptels selon les départements étaient tuberculeux. Les pertes annuelles étaient estimées à l'époque à 3 pour cent des productions animales.

La lutte contre la tuberculose repose sur la protection des cheptels indemnes, le dépistage des cheptels infectés et leur assainissement. Le dépistage des animaux infectés s'effectue par tuberculination systématique selon un rythme variable, en fonction de la situation épidémiologique du département, des animaux des cheptels bovins, et par inspection systématique de toutes les carcasses à l'abattoir. L’assainissement par abattage total d’un cheptel bovin déclaré infecté de tuberculose est obligatoire sur l’ensemble du territoire national.
La protection des cheptels indemnes s'effectue par vérification de l'état sanitaire des animaux au moment de leur introduction dans le troupeau.
Le plan de lutte met l'accent sur les actes relevant de la responsabilité du vétérinaire sanitaire et de l’éleveur par la maîtrise des facteurs de risques. En élevage bovin, les facteurs de risque sont l'introduction de bovins dans un cheptel indemne de tuberculose, le voisinage avec une exploitation infectée et la résurgence d'une infection ancienne.
L'amélioration de la situation sanitaire, objectivée par la diminution du pourcentage de prévalence s'accompagne d'une réduction partielle des mesures de lutte, par allégement du rythme de tuberculination.
Le dépistage à l'abattoir reste dans ces conditions le seul moyen de dépister les derniers foyers.

 


d'après Bulletin des GTV n°23 janv - fev 2004
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d'après Bulletin des GTV n°23 janv - fev 2004
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Chez les autres espèces
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Dans les pays qui ont approché la quasi éradication, la question du rôle de réservoir que peut jouer la faune sauvage a émergé depuis quelques années.

La Grande Bretagne a ainsi mis en évidence que le blaireau, le furet ou le cerf peuvent entretenir une infection à Mycobacterium bovis et constituer des sources de recontamination des bovins.

En France, la mise en évidence dans une région d'une prévalence importante de cerfs et de sangliers porteurs de bacilles et de lésions, laisse aussi supposer que la faune sauvage puisse entretenir des contaminations du cheptel bovin.

Ces observations rendent cruciale la mise en place de mesures de surveillance de la faune sauvage, afin de déterminer si le chevreuil, le cerf et le sanglier notamment représentent un vrai réservoir de M. bovis ou un simple "cul-de -sac épidémiologique".

 

voir document AFSSA sur la gestion de la tuberculose en forêt de Brotonne
(format pdf)


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La tuberculose est peu fréquente chez les petits ruminants (moutons et chèvres) et elle apparaît habituellement chez les animaux vivants au contact des bovins. Toutefois, l'Espagne et l'Allemagne ont mis en évidence, grâce aux nouvelles techniques de typage moléculaire, une Mycobactérie qui semble pouvoir circuler aussi bien chez les chèvres, que chez les bovins ou d'autres espèces.

Les carnivores sont très sensibles à l'infection tuberculeuse, avec une prédominance du bacille humain chez le chien et du bacille bovin chez le chat.

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Nouvelles techniques de diagnostic
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d'après Bulletin des GTV n°23 janv - fev 2004

Si le visage épidémiologique de la tuberculose animale se complique, l 'avenir en matière de diagnostic reposera certainement sur l'avènement de techniques de diagnostic nouvelles. L e typage moléculaire de Mycobacterium bovis en est une. Par exemple le soligotypage permet de différencier des types "BCG-like", "GB" ou "F". Cela peut permettre de tracer l'origine d'une contamination ou de surveiller la circulation de certains types sur d'autres espèces animales que les bovins.

 

 


d'après Bulletin des GTV n°23 janv - fev 2004

 

D'autres espoirs sont également placés dans l'utilisation de l'interphéron gamma (IFN-y), mesuré à partir d'un prélèvement sanguin. L'interferon est une protéine naturelle fabriquée par les cellules de l'organisme et qui exerce des effets variés sur les cellules du système immunitaire. Il serait possible à l'avenir d'envisager de confirmer des résultats de tuberculination, par un dosage sanguin d'interferon gamma.

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Tuberculose zoonose
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La tuberculose zoonose reste en France très faible, de l’ordre de 0,5 p. cent des cas de tuberculose humaine. Avant l’obligation de pasteurisation du lait (de 1912 à 1951), la proportion des cas de tuberculose humaine d’origine bovine était estimée à 1,3 % des cas de tuberculose humaine. Toutefois en Allemagne en 1952, où environ 40 p. cent des bovins étaient tuberculeux, l’incidence de la tuberculose à bacille bovin était de 20 p. cent chez les adultes, et de plus de 80 p. cent chez les enfants.

Actuellement, on ne constate aucun cas de tuberculose d’origine bovine chez des sujets jeunes (moins de 15 ans). La majorité des cas est constatée chez des sujets âgés (plus de 60 ans), signe d’une infection ancienne.

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Réglementation
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La réglementation sanitaire de la lutte contre la tuberculose bovine en France a été modifiée par l'Arrêté ministériel du 15 septembre 2003.
En phase finale d'éradication de la tuberculose bovine, la volonté était de soumettre à des vérifications les diagnostics positifs afin de limiter les erreurs par excès et d'un autre côté de systématiser l'abattage total des animaux d'un foyer afin d'éliminer rapidement toute source de bacille tuberculeux.

Un troupeau infecté de tuberculose est placé sous Arrêté préfectoral portant déclaration d'infection (APDI). Cela implique notamment l'isolement et la séquestration de tous les animaux du troupeau jusqu'à leur abattage. Une enquête épidémiologique est menée afin de déterminer les causes possibles de contamination et les risques de contamination d'autres cheptels.Des dépistages sont entrepris sur les autres espèces sensibles à la tuberculose (ainsi que les détenteurs des animaux). Aucun animal d'une espèce sensible n'est autorisé à entrer ou sortir, jusqu'à l'abattage de tous les bovins. Il est interdit de livrer le lait produit par le troupeau à la consommation à l'état cru ou sous forme de produit au lait cru…

 

 

Au plan réglementaire, le département du Cher est depuis quelques années un des départements pilotes qui ont les premiers suspendus le dépistage annuel par tuberculination de l'ensemble des bovins.

Au niveau national, une dérogation dispense les bovins de tests de dépistage de la tuberculose bovine (et de la brucellose bovine), lors de mouvements de bovins entre deux exploitations lorsque la durée de transfert est inférieure ou égale à 6 jours.Toutefois les mouvements impliquant des exploitations classées à risque ou présentant un taux de rotation annuel des animaux supérieur à 40% sont exclus du bénéfice de cette dérogation.

 


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